Atelier
sur les Technologies de l’ information et de la communication
(TIC),
le cyber-gouvernement et le genre
Note
Conceptuelle
Hôtel
Renaissance, Tunis 19-21 Juin 2006
Contexte
En réponse
aux possibilités et aux défis offerts par l’ère
de l’information, la Commission économique pour l’Afrique
(CEA) a initié un cadre d’action pour l’Initiative
Société de l’Information en Afrique (AISI). L’objectif
fondamental de l’AISI est de mettre en place un cadre permettant
à l’Afrique de combler les lacunes qui existent entre
le continent et le reste du monde en matière d’accès
aux TICs et de faciliter son intégration dans l’ère
de l’information. Reconnaissant la corrélation qui existe
entre l’accès aux TICs et le développement national,
la CEA, en collaboration avec certains partenaires, a également
proposé dans le cadre de l’AISI un cadre de formulation
et de mise en œuvre de stratégies d’Infrastructure
nationale de l’information et des communications (INIC) permettant
de planifier un processus de développement national intégrant
les TICs comme outils favorisant l’intégration des économies
africaines au niveau régional et mondial. Depuis le lancement
de l’AISI, la majorité des États africains se
sont mobilisés afin d’initier, de formuler et de mettre
en œuvre des stratégies nationales pour atteindre les
objectifs de développement dans des domaines tels que la santé,
l’éducation, la gouvernance, le commerce etc. Le succès
est à noter puisque à ce jour le nombre de pays avec
des politiques nationales TIC n’a cessé d’augmenter
de 13 en 2000 à 32 en 2006, alors que le nombre de pays en
voie de formuler ces politiques a singulièrement augmenté
de 10 en 2000 à 14 en 2006.
AISI et
la dimension genre
Un des objectifs
de l’AISI est l’adoption de politiques et de stratégies
nationales TIC afin d’accroître l’accès aux
TIC, avec pour priorité de desservir les régions rurales
et les communauté ou groupes marginalisés en particulier,
les femmes et les jeunes. D’entrée de jeu, l’AISI
misait sur les efforts particuliers qui devaient être pris pour
sensibiliser ceux qui ne sont pas familiers avec les avantages potentiels
de la société africaine de l’information, avec
une attention toute particulière portée à l’équité
entre les genres.
On
compte parmi les possibilités offertes par les TIC identifiées
par l’AISI pour faire la promotion de l’égalité
entre les genres et le développement :
En mai 2003, la
Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations
Unies, avec l’appui du gouvernement du Canada, a mis en place
le nœud régional africain du réseau mondial de
ressources en cyberpolitiques (ePol-NET), pour mettre à la
disposition des ressources en politiques et stratégies des
TIC. En tant que nœud régional, le centre régional
collabore avec les centres d’expertise nationaux et sous-régionaux
en Afrique pour répondre à l’offre.
Le réseau
de ressources en cyberpolitiques de l’Afrique est mis en place
pour traiter des problèmes de politiques, de réglementations
et de stratégies dans des secteurs comme le commerce électronique,
les cadres juridiques et politiques, les politiques et la législation
en télécommunications, la gouvernance d’Internet,
le cybergouvernement et les stratégies en terme de connectivité.
En décembre
2003, durant la première phase du Sommet mondial sur la société
de l’information (SMSI) à Genève, le Groupe de
Travail des Nations Unies sur les TICs (UN ICT Task Force), les gouvernements
du Canada et de l’Irlande et la CEA ont initié le lancement
d’ePol-Net.
L’implication
d’ePol-NET dans l’assistance aux pays et aux communautés
économiques régionales de l’Afrique a permis de
formuler des cyberstratégies sectorielles et régionales
:
i. Développement d’une stratégie cybergouvernementale
pour la Communauté des Etats d’Afrique de l’ Est
ii. Politique sectorielle visant à utiliser les TICs dans le
domaine de la
iii. Formulation d’une cyberstratégie pour le marché
commun pour l’Afrique orientale et australe (COMESA), et
iv. Développement d’un cadre juridique de commerce électronique
pour la CEDEAO
Cybergouvernement
Les progrès
des technologies de l’information et des communications (TIC)
qui permettent aujourd’hui d’utiliser ces outils de manière
innovatrice notamment à des fins de développement économique
et social ont suscité le lancement de différents programmes
TIC dans différents secteurs de la société. Une
de ces mises en application: le cybergouvernement est l’utilisation
des TIC pour améliorer l’efficacité du gouvernement
et de l’administration publique dans la prestation de services
à ses citoyens.
Un des préalables
pour que le public bénéficie des services du cybergouvernement
est entre autre la disponibilité de points d’accès
électronique. Cela est d’autant plus important dans les
pays en voie de développement où les TIC demeurent souvent
inaccessibles pour une grande partie de la population. Des efforts
pour combler ce retard, connu également sous le nom de «fossé
numérique», continuent d’être déployés
aux niveaux international, régional et local comme le témoignent
les initiatives mondiales comme le Sommet mondial sur la société
de l’information (SMSI) et les initiatives régionales
comme l’Initiative de la Société de l’information
pour l’Afrique (AISI).
La reconnaissance
par les États membres et autres intervenants de la Communauté
des Etats de l’Afrique de l’Est du besoin de promouvoir
l’harmonisation et la coordination des politiques et stratégies
de TIC, afin de créer un environnement favorable pour les échanges
commerciaux, la promotion de la collaboration sur les problèmes
politiques transfrontaliers et de flux de données afin d’éviter
les duplications de procédures a mené au développement
d’un cadre stratégique et de politique harmonisé
pour le cybergouvernement parmi les États membres de cette
communauté sous régionale.
Il a été
convenu que les piliers de cette stratégie cybergouvernementale
porteront sur les douanes et l’immigration, le parlement en
ligne, les services de santé en ligne, les services bancaires
en ligne, le commerce électronique, le tourisme électronique
et l’information météorologique.
La dimension genre
Le fossé
entre les genres dans l’accès aux TIC a été
identifié et a été le sujet de plusieurs recherches
et de multiples débats. L’accès à l’information
pour les femmes sur un statut vraiment égal avec les hommes
exige l’accès non seulement à l’éducation
générale, mais aussi à la formation scientifique
et en TIC en particulier. Cependant, la réalité est
tout autre. Cela est d’autant plus vrai dans les sociétés
comme celles des pays en voie de développement où il
y a un déséquilibre en faveur des hommes quant à
l’accès à la connaissance et à l’utilisation
des TIC. En conséquence, on doit envisager des manières
innovatrices afin d’offrir l’accès aux TIC aux
femmes afin qu’elles puissent elles aussi accéder à
l’information cybergouvernementale et utiliser les services
gouvernementaux.
Le taux d’alphabétisation
moyen des femmes adultes (% des femmes de 15 ans et plus) s’élevait
à 53 % contre 70 % pour les hommes en 2001. Le taux de scolarisation
primaire, secondaire et tertiaire (%) au cours des années 2000-2001
s’élevait à 47 % contre 54 % pour les hommes.
Les travailleuses professionnelles et techniques représentaient
45 % du total de la main-d’œuvre dans les données
compilées pour l’Égypte, la Namibie et le Botswana
alors qu’il n’y a pas de donnée pour le reste du
continent.
En plus du problème
de l’accès, les modalités d’utilisation
des TICs par les femmes et les hommes sont différentes. La
différence dans ces tendances, dans le cas des pays en voie
de développement, est attribuée au manque de compétences
et au manque de temps et/ou d’intérêt. Un tel fossé
dans l’utilisation des TIC pour une raison ou pour une autre
amène à se questionner sur l’effort de rendre
les services gouvernementaux disponibles alors que la moitié
de la population de certains pays risque d’être marginalisée
encore davantage.
Intégration
de l’égalité du genre au sein des stratégies
cybergouvernementales
Aborder le fossé
du genre dans l’accès aux services gouvernementaux offerts
en ligne requiert la participation active des femmes dans la planification
et la mise en œuvre de stratégies cybergouvernementales
nationales, ainsi que lors de leurs mises en oeuvre. Parmi les problèmes
identifiés dans ce sens, on peut citer le manque de données
désagrégées par genre, la limitation de contenus
en langues locales et la fragmentation des services disponibles. La
question de manques de données désagrégées
par genre est d’autant plus cruciale du fait que la planification
des services cybergouvernementaux ne prendraient vraisemblablement
pas en compte l’accès et les modalités utilisation
des TIC par les femmes.
L’absence
de langues locales et de contenu local dans la prestation de services
cybergouvernementaux affectera également l’utilisation
de tels services par la population féminine dans les pays en
voie de développement, dont la grande majorité est analphabète.
Par conséquent
toute réflexion visant à définir une stratégie
cybergouvernementale devra prendre en compte la dimension genre et
l’utilisation des TIC à titre d’outil d’égalité
entre les sexes, des objectifs de développement du millénaire
et des objectifs de réduction de la pauvreté et requiert: